Les salariés de la Fnac en grève

Sept syndicats de la Fnac avaient appelé à la grève, vendredi 4 mai, en réaction à la suppression de 300 postes dans les services administratifs de l'enseigne. Selon la direction, seul 8 % des salariés ont suivi la grève, alors que les syndicats, qui avancent des chiffres parcellaires, estiment la participation "historique".

"Le mouvement touche tous les magasins [73 au total], estime Gaëlle Créach, élue SUD de la Fnac Paris, une telle ampleur n'a pas été observée depuis 2002." La CGT a critiqué les chiffres avancés par la direction, qui vise selon elle à "minimiser le nombre de grévistes" en calculant leur taux sur les effectifs totaux et non sur les effectifs qui travaillaient ce jour-là.

Dans plusieurs magasins, comme Rennes, Tours, Toulon, Strasbourg ou Metz, le taux de grévistes avoisinait 80 %, selon les syndicats. Quelque 300 salariés parisiens se sont rassemblés dans l'après-midi devant la Fnac des Champs-Elysées.

LES SYNDICATS ATTENDENT DES "GARANTIES RÉELLES"

Le président de l'enseigne, Denis Olivennes, a estimé que la Fnac devait "faire face à des changements dans son environnement [comme la chute de ventes sur le marché du] disque, [la disparition des] travaux photos [et l'émergence] d'Internet". Ce changement, a-t-il poursuivi, doit se faire "dans le respect profond des valeurs humanistes qui l'ont fondée, et notamment dans le respect de ses valeurs sociales". Lors de l'annonce du plan social, la direction s'était engagée à reclasser l'ensemble des salariés au sein d'un même bassin d'emplois. 

Selon Gaëlle Creach, les syndicats attendent "des garanties réelles car la liste des postes à pourvoir (...) n'est pas satisfaisante. Le nombre de postes proposés est inférieur [à la demande] et certains temps complets deviennent partiels". Pour Magalie, 35 ans, employée à la comptabilité depuis sept ans, "on ne devient pas vendeur d'informatique ou de TV du jour au lendemain".

 

"Le Monde"
Publicité
Tag(s) : #La revue de presse