La périlleuse modernisation du dialogue social
Pour autant, plusieurs éléments peuvent venir contrarier ces beaux principes. La loi prévoit en effet que si les partenaires sociaux s'accordent pour lancer une négociation, le gouvernement devra respecter un délai de carence avant de se saisir lui-même du sujet. Or parfois les accords peinent à être trouvés (pénibilité, emploi des seniors...). Une temporalité qui pourrait contrarier la volonté politique élyséenne de réformer vite.
Il faut aussi compter sur l'épineuse question de la représentativité syndicale dont la réforme, lancée en novembre 2006 avec le rapport du Conseil économique et social, est toujours dans l'incertitude, un front du refus ayant réuni le Medef, FO, la CFTC et la CFE-CGC. Or même si les syndicats sont présents dans les institutions paritaires, leur légitimité, avec un taux de syndicalisation de 8,2 % (mais seulement de 5,2 % dans le secteur privé), est contestée. Et leur émiettement se confirme avec la progression de l'UNSA et l'arrivée de Solidaires chez les fonctionnaires de l'Etat.
Egalement en suspens, le débat demandé par le Medef sur la transparence financière des organisations de salariés.
Une ambiance plutôt lourde alors que risque de se profiler rapidement le dossier de l'efficacité du service public de l'emploi, qui pourrait passer par la fusion de l'ANPE et de l'Unedic. Le troisième tour de l'élection sera social, les experts s'y attendent.
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