ELLE EST LA NOUVELLE SECRÉTAIRE DÉPARTEMENTALE DU SE-UNSA


Laëtitia Barel : Le syndicalisme pour être « du côté des acteurs »


photo BP
 
 

Laëtitia Barel, enseignante sur le secteur de Chenôve, s'est investie toujours plus au Se-Unsa, jusqu'à en devenir cette année la secrétaire départementale. Un véritable engagement pour cette femme active.

C'est une fonceuse. Au sens propre, et figuré. Enfant, elle voulait devenir pilote de Formule 1. Ancienne skieuse de compétition, elle reste une passionnée de sports mécaniques - « un même goût pour la trajectoire, et pour la vitesse », explique-t-elle.
Et à 35 ans, vive et décidée, elle met toute son énergie à conduire l'action syndicale dans laquelle elle s'est engagée avant même de découvrir son milieu professionnel, alors qu'elle était encore étudiante.
En 1995, après quatre années d'études scientifiques, la Dijonnaise Laëtitia Barel devient professeur des écoles. C'est à l'IUFM (*) qu'elle adhère au Se-Unsa, syndicat d'enseignants, qu'elle contacte « pour un problème personnel » et dans lequel elle décidera de s'impliquer parce qu'elle s'y « retrouve complètement sur le plan des idées ».
La proximité
Le militantisme de cette jeune femme, qui a toujours vu ses propres parents aux premières loges de leur organisation syndicale, repose en effet d'abord sur une certaine philosophie de l'action. « Où que je sois, je suis curieuse ; je cherche à connaître le système et son fonctionnement dans les moindres détails pour être du côté des acteurs, rester maître de la situation. Ce qui m'a séduit à l'Unsa, c'est une façon particulière de négocier avec l'administration, reposant toujours sur des propositions au-delà des seules manifestations de mécontentement », détaille-t-elle.
L'enseignante, qui a pris une décharge syndicale, ne manque pas de souligner qu'on n'est pas militant à mi-temps. « Quand on y croit vraiment, ça conditionne notre réception des problèmes les plus divers. En fait, c'est une manière de penser. Concrètement j'ai toujours des bulletins d'adhésion sur moi ! », reconnaît-elle.
La fonction ne lui laisse en tout cas pas plus d'un jour et demi dans les classes, ce pour quoi elle a choisi depuis quelques années d'être titulaire mobile remplaçante, sur le secteur de Chenôve : « C'est vrai qu'aujourd'hui, c'est comme si j'exerçais un autre métier ; mais je tiens à garder un pied dans la profession, cela me rend plus crédible pour parler aux collègues ».
Le moteur de son engagement ? « M'assurer du respect des droits de tous, du bien de toutes les catégories d'usagers, faire avancer les choses dans la profession. » « Il y a toujours quelque chose à améliorer », assure-t-elle, « et l'éducation, c'est quand même la base de développement d'un pays ! »
Sur un plan local, et plus immédiat, Laëtitia Barel, goûte la proximité qui selon elle, est constitutive de toute action syndicale. « J'aime cette activité fondée sur le rapport humain au quotidien. On effectue d'ailleurs un grand travail d'écoute de nos collègues ; parfois c'est presque du social ! » ajoute-t-elle en riant.
Maître mot ? La patience. « Que ce soit pour amener les collègues à nos idées, ou les gouvernants à des changements, le syndicalisme est un travail de longue haleine.
Je considère qu'aucun effort n'est jamais inutile, même si les effets ne sont pas toujours flagrants, ou dans le sens qu'on voudrait. Proposer, parler aux gens, cela fait forcément avancer les choses ! »
Un système qui a changé
De plus en plus impliquée dans le Se-Unsa, puis trésorière depuis 6 ans, elle en est devenue en mars la secrétaire départementale. Une casaque qu'elle a endossée tout naturellement, prête depuis toujours à prendre « progressivement de plus en plus de responsabilités ». Confiante, Laëtitia Barel entend ardemment faire vivre la section, en organisatrice mais encore et toujours en militante. « Je me sens engagée, j'hérite de ce que les anciens ont construit, il faut que ça continue ! »
Mère d'une petite fille de 10 ans, la syndicaliste se laisse aussi interpeller au quotidien par l'expérience qu'elle fait de l'école comme maman. « Discuter à la sortie avec les parents qui sont extérieurs au système, constater concrètement les dysfonctionnements, m'aide beaucoup à y voir clair sur les difficultés rencontrées par les enseignants. Ca me donne des indicateurs sur les failles du système. On s'aperçoit que le vécu au quotidien, c'est vraiment celui que reflètent les sondages », assure-t-elle.
Tout en rappelant l'« optimisme fondamental » qui est le sien, et sans lequel on « ne peut être militant », Laëtitia Barel s'avoue inquiète de l'évolution du système éducatif. En cause selon elle, « le manque de moyens et le manque de temps » : « C'est très angoissant pour un enseignant, car il a des enfants entre les mains, il se sent redevable de quelque chose ! »
Ainsi le malaise présumé généralisé des enseignants, dont les médias se font tant le relais, est-il bien selon Laëtitia Barel « en étroite relation avec les conditions de travail dans lesquelles on les met, sans parler d'un manque de reconnaissance de leurs supérieurs hiérarchiques ».
La secrétaire du Se-Unsa n'a pourtant pas une vision manichéenne du système. « On dit beaucoup que les enfants ont changé, mais les parents ont changé avec eux, ainsi que les professeurs ! Ces derniers sont demandeurs mais défaitistes ; ils ne sont pas prêts à s'engager, et souvent ils n'ont pas vraiment la vocation, comme dans de plus en plus de métiers... »


J. B. - "Le Bien Public"


(*) Institut universitaire de formation des maîtres.


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