Tout savoir sur la grève du 18 octobre

Le 18 octobre prochain, les huit syndicats de la SNCF (CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD rail, CFE-CGC, UNSA, FGAAC) appellent tous à la grève, une première depuis 1995.

Trois des huit fédérations de cheminots (FO, Sud et FGAAC), appelant à la grève, ont annoncé, à l'issue d'une réunion intersyndicale à Paris, avoir déposé un préavis pour un mouvement reconductible. Les autres syndicats (CGT, CFDT, CGC, CFTC et UNSA), appellent, de leur coté, à une grève de 24 heures. L'ensemble des syndicats, en revanche, s'accordent sur les motifs du mouvement, centré sur la défense du régime spécial de retraites, même s'ils tentent d'élargir les revendications aux conditions de travail et à la rémunération.

Parmi les syndicats grévistes, on compte donc les syndicats de la SNCF, de la RATP, de l'énergie (EDF, GDF, etc). Quatre syndicats de l'ANPE (SNU, CGT, FO et Sud), la CGT, Solidaires et la FSU chez les fonctionnaires (majoritaire chez les enseignants), appellent à la mobilisation, de même que la CGT-Poste et télécommunications, Sud PTT, et la CGT Banque de France. Plusieurs Unions syndicales départementales et plusieurs syndicats de grandes entreprises du secteur privé devraient aussi se joindre à cet appel.

La présidente de la SNCF, Anne-Marie Idrac, a indiqué que la grève du 18 octobre serait "très suivie". "Il se trouve que la loi sur le service minimum ne sera pas encore en vigueur (le 18 octobre) et le sera au 1er janvier (2008) mais il n'en reste pas moins qu'on fera le plus possible dans l'esprit de cette loi, en particulier le maximum sur l'information" des voyageurs, a-t-elle ajouté.

Le ministre du Travail Xavier Bertrand a déclaré dimanche 14 octobre, sur Europe 1 qu'il avait le sentiment que la grève contre la réforme des régimes spéciaux de retraites sera "très forte" et qu'"il devrait n'y avoir jeudi quasiment pas de train, de bus ou de métro". Les premières informations livrées par les syndicats laissent également à penser que la mobilisation sera forte dans de nombreux secteurs. "La grève, c'est un droit constitutionnel que je respecte, mais nous sommes totalement déterminés pour mettre en oeuvre cette réforme", a-t-il ajouté."On ne peut pas se passer de la réforme, chacun des Français et chacun des agents des régimes spéciaux le comprennent bien", a estimé le ministre. Même détermination chez Claude Guéant. Le secrétaire général de l’Elysée a affirmé "qu’il n’y a pas de recul possible" dans le Monde de samedi. "La France a changé et nous sommes déterminés » (...) "la mobilisation du 18 sera significative" mais le gouvernement "est dans une logique d'aboutir".

Selon les premières informations livrées par les syndicats, la mobilisation risque d'être forte dans les secteurs concernés par la réforme des régimes spéciaux de retraite, notamment à la SNCF. D'autres secteurs seront aussi mobilisés, EDF, GDF, la fonction publique, l'Education nationale et la Poste avec des mots d'ordre plus larges. Un jeudi noir en perspective…




Pour mémo, la réforme des régimes spéciaux prévoit notamment que :

Les salariés des régimes spéciaux de retraite passeront progressivement d'ici 2012 à 40 ans de cotisations pour une retraite à taux plein (contre 37,5 années aujourd'hui), ce qui constitue un "principe non négociable", selon le gouvernement. La durée de cotisation a ensuite "vocation à évoluer comme dans le régime de la Fonction publique". Elle devrait donc être ultérieurement portée à 41 ans si, comme le prévoit le gouvernement, un allongement progressif de 40 à 41 ans d'ici 2012 est programmé l'an prochain pour les fonctionnaires et salariés du privé.

- Autres principes "non négociables": l'introduction d'une décote (diminution plus que proportionnelle du montant de la retraite en cas de départ avant 65 ans avec un nombre d'annuités insuffisant) et d'une surcote (augmentation de la pension lorsque le salarié disposant du nombre d'annuités repousse le moment de son départ en retraite) et l'indexation du calcul du montant des pensions sur les prix et non plus les salaires. La pension sera calculée à partir des six derniers mois de traitement et il n'y aura plus d'âge obligatoire de départ à la retraite. Le calcul du montant des pensions sera désormais indexé sur les prix, et non plus sur les salaires. Xavier Bertrand a aussi précisé que les "clauses couperets" qui "obligent les agents" de certaines entreprises "à partir à 50 ans ou 55 ans même s'ils n'ont pas les moyens d'avoir une pension complète" seraient abolies.

Le secrétaire d'État chargé de la Fonction publique André Santini a, par ailleurs, indiqué lundi 15 octobre, que les fonctionnaires pourraient à terme cotiser 41 années pour bénéficier de retraites pleines, évoquant "une uniformisation" avec le régime général. C'est le Premier ministre, qui connaît bien le dossier puisqu'il a mené la réforme de 2003, qui va reprendre les négociations", a déclaré le sénateur-maire d'Issy-les-Moulineaux sur France-2. "Mais il est vrai qu'on va aller partout vers une uniformisation". Interrogé sur les suppressions de postes prévues dans la Fonction publique, André Santini a rappelé que "c'était annoncé" et les a justifiées par une "opportunité démographique".


Depuis le milieu des années 1990, les conflits sociaux sont en très nette diminution à la SNCF. Près de 700 préavis de grève ont été déposés en 2006, contre 1 182 onze plus tôt (et 1 015 en 2000). Le nombre de journées de travail perdues par agent a évolué de façon plus erratique : 0,79 en 2006, contre 5,82 en 1995 (et 0,21 en 2002).

La CGT est la première organisation au sein de la SNCF, si l'on se fie aux résultats des élections aux comités d'entreprise (40,14 % en 2006, contre près de 44 %, deux ans plus tôt). SUD est deuxième (14,97 %), mais est talonné par l'UNSA (14,48 %).

 

 




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