Réflexion des groupes de travail sur notre devenir syndical

Conformément aux décisions du Bureau national élargi du 18 juin 2008, deux groupes de travail internes à l’UNSA ont été installés le 4 septembre dernier. Composés de représentant(es) des différents pôles et fédérations de l’UNSA et des secrétaires généraux des unions régionales, ces deux groupes ont pour objectif d’approfondir de façon collective notre réflexion sur la construction d’un nouveau pôle syndical réformiste. La CFE-CGC conduit de son côté une démarche similaire, qui devra se croiser avec la nôtre dans le courant du mois de novembre 2008 prochain.

  • Le groupe intitulé « Spécificité du réformisme et offre syndicale », animé par Jean Grosset et Jean-Claude Tricoche, s’est réuni à trois reprises : 4 septembre, 23 septembre, 2 octobre. À partir du texte commun UNSA/CFE-CGC « Agir ensemble, une initiative historique », qui reprend la charte de l’UNSA ainsi que la résolution de notre congrès de Nantes en y intégrant les évolutions que nous avons adoptées depuis, le groupe a préciser les termes « réformiste » et « autonomie » et abordé la question du « syndicalisme de service ».

Le réformisme que nous revendiquons se définit à partir de notre pratique syndicale qui privilégie la négociation et la recherche d’un compromis acceptable mais n’écarte pas la mobilisation pour créer le rapport de force nécessaire à l’avancée de nos revendications. Toute l’histoire de l’UNSA est jalonnée de cette pratique ainsi que la recherche d’un équilibre entre la loi et le contrat.

L’autonomie est certes consubstantielle à la création de l’UNSA et à son développement, mais c’est une pratique de fonctionnement, non une valeur et encore moins un dogme. Il faut aborder ce concept à partir de notre expérience et des évolutions qu’entraînera la loi du 20 août 2008, tant sur la représentativité syndicale et les conditions pour l’obtenir que sur la hiérarchie des normes.

Pour que les salariés se syndiquent, il faut que le syndicat réponde à leurs attentes tant au niveau de la défense des droits du travail que par les services qu’il offre. Ces services peuvent être relatifs à leur activité professionnelle ou à leur vie personnelle. Formation, aide à l’insertion des jeunes et au demandeur d’emploi, permanence sociale, appui juridique, assurance, protection complémentaire santé retraite… sont quelques-unes des pistes à creuser tout autant que la nature des acquis qui seraient réservés à ceux qui payent leur carte syndicale.

 

  • Le groupe intitulé « l’architecture tant professionnelle (branches) qu’inter-pro d’une future organisation et la nécessaire réflexion sur les concepts d’autonomie et de cohérence » s’est lui aussi réuni les 4 et 23 septembre et le 2 octobre. Le travail du groupe consiste en permanence à mesurer les avantages et les inconvénients de l’organisation interne actuelle de l’UNSA et à formuler des propositions d’évolution si nécessaire.

Il est indispensable que la nouvelle organisation (mais aussi l’UNSA) prenne en compte les règles imposées par la loi sur la rénovation de la démocratie sociale en terme de négociations, notamment le mouvement qui va désormais de l’entreprise à l’interprofessionnel en passant par la branche. Il nous faut répondre aux obligations réglementaires tout en adoptant une décentralisation effective des pouvoirs de décision et de nomination qui doivent être exercées au plus près des adhérents.

Dans nos statuts, le concept d’autonomie (en terme de fonctionnement) est pleinement revendiqué. En revanche, la cohérence indispensable à l’action syndicale y est formellement absente. Elle est pourtant clairement revendiquée dans nos résolutions générales de congrès.

L’autonomie que nous revendiquons suppose un fonctionnement démocratique qui donne tout son sens au syndicalisme de proximité. Elle doit cependant être une autonomie structurée, une autonomie encadrée, ce qui implique des droits et des devoirs. Par exemple, il est indispensable que les sections syndicales ou les syndicats d’entreprises « fassent remonter » les coordonnées de leurs DS, leur nombre d’adhérents et le montant des cotisations tant pour des raisons de fonctionnement interne que pour répondre aux exigences de la loi du 20 août 2008. La remontée des divers éléments directement à l’union par les syndicats d’entreprise est problématique, ce doit être l’un des rôles des fédérations.

Notre approche de l’autonomie est adaptée aux syndicats d’entreprise mais soulève la question de la cohérence pour les négociations de branches et interpro. Il paraît opportun que les syndicats d’entreprise se regroupent au sein de syndicats correspondant aux négociations collectives de leurs branches (régionaux ou nationaux) et de fédérations (ou pôles) plus vastes.

L’objectif est de faciliter l’émergence de fédérations structurantes et fortes pour assurer la cohérence nécessaire, des fédérations au périmètre clairement défini car la concurrence, pourtant permise dans nos statuts, engendre fatalement des problèmes. Ceci requiert une meilleure efficacité des fédérations car l’impératif de développement demande une grande réactivité.

La recherche d’une cohérence indispensable ne s’oppose pas au syndicalisme d’adhérents et donc de proximité. Il faut des syndicats forts capables de s’occuper de leurs adhérents dans la dimension professionnelle et des adhérents qui s’investissent dans la vie interprofessionnelle.

Nous devons à la fois revisiter notre fonctionnement et jeter des idées pour la nouvelle organisation que nous entendons créer avec la CFE-CGC. Il faut rythmer le temps en donnant des signes tangibles de notre rapprochement afin de créer une dynamique de rassemblement. Un code de bonne conduite est passé entre l’UNSA et la CFE-CGC, nous devrons l’actualiser pour éviter les conflits.


Publicité
Tag(s) : #Unsa - CFE-CGC