Le principal enjeu de 2009

Comme cela était malheureusement prévisible, la crise financière est en train de se transformer en crise économique avec son cortège de plans sociaux.


Pas une semaine sans que les entreprises n’annoncent des réductions d’effectifs ou des mesures de chômage technique.


Pas un mois sans que les compteurs évaluant la montée du chômage ne s’affolent.


Pour l’UNSA, l’enjeu de 2009 est simple : tout faire pour que les salariés ne soient pas les premières victimes d’une crise dans laquelle ils ne portent aucune part de responsabilité.


Bien au contraire. Depuis des années, nous ne cessons de dénoncer un système fondé sur le fait que la rentabilité du capital est mieux assurée par les placements financiers que par l’investissement, mieux assurée par la rente que par le travail. Nous jugions suicidaire la pression des actionnaires demandant des taux de rendement à deux chiffres ; les faits viennent de nous donner raison.


Tout cela, nous le martelions sous les regards condescendants et un brin méprisants des tenants de la nouvelle économie financière, experts et politiques de tout poil, qui nous renvoyaient à notre soi-disant ringardise syndicale.


Où sont-ils tous ceux qui, par exemple en 2003, vantaient le mérite des régimes de retraites par capitalisation au détriment de la répartition ? Comment vont-ils expliquer aux futurs retraités victimes de ce système qu’ils devront se contenter d’une pension amputée de près de la moitié de son montant, vu l’effondrement des fonds de pension ? Les mêmes qui hier dénonçaient un « modèle social à bout de souffle » lui trouvent aujourd’hui des vertus par temps de crise.


Et si on ne peut que se féliciter de cette soudaine lucidité retrouvée, on peut se demander par contre s’ils ont bien pris conscience du tsunami social qui s’annonce.


Décisions du G20 le 15 novembre, plan de relance européen le 26 novembre, plan de relance français de 26 milliards d’euros début décembre. Des plans nécessaires mais certainement pas suffisants. En ce qui concerne la France, la question du pouvoir d’achat n’est pas prise en compte et cela est une faute, tant sur le plan de la solidarité que nous devons notamment aux salariés les plus faibles que sur le plan économique.

Nous demandons aussi au gouvernement de prendre des mesures contre toutes ces entreprises qui ont touché de l’argent public (ArcelorMittal par exemple) et qui profitent de cette crise pour annoncer des suppressions d’emplois afin de verser des dividendes toujours plus élevés à leurs actionnaires.


Comment accepter que l’industrie pharmaceutique, épargnée par la crise, « massacre » l’emploi comme elle est en train de le faire ? Nous exigeons un moratoire sur la suppression des emplois publics ; car qui comprendrait que l’Etat ne s’applique pas à lui-même ce qu’il demande aux entreprises privées : la préservation de l’emploi à tout prix ? Faire aboutir ces revendications et bien d’autres -comme une meilleure indemnisation du chômage partiel- exigera de la part des organisations syndicales qu’elles agissent dans la plus grande unité possible.


Comme elle l’a démontré par ses prises de positions lors des réunions intersyndicales confédérales, l’UNSA y est prête. C’est ainsi que nous appelons à la journée de mobilisation nationale interprofessionnelle, le 29 janvier 2009.


Bonne et courageuse année 2009 à toutes et à tous !


Alain OLIVE, secrétaire général de l'UNSA





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Tag(s) : #Les communiqués de presse UNSA