Le "sommet" du 18 février à l'Elysée au menu de la semaine sociale

La semaine sociale sera marquée par le "sommet social" de l'Elysée entre le gouvernement, le patronat et les syndicats, sur fond de poursuite de la grève aux Antilles et de la mobilisation dans l'éducation et la recherche.

Les partenaires sociaux ont en effet rendez-vous mercredi à l'Elysée pour un "sommet social" autour des pistes évoquées par Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée du 5 février, alors que les syndicats veulent un changement de cap de la politique gouvernementale pour améliorer le pouvoir d'achat et l'emploi.

Le ministre du Travail Brice Hortefeux a promis "des annonces concrètes" et "des pistes pour l'avenir".

Mais le gouvernement semble davantage prêt à un plan ambitieux sur le traitement social du chômage qu'à une réorientation de sa politique, ont estimé les syndicats après les rencontres bilatérales avec plusieurs ministres en vue de la réunion.

Pour l'exécutif, l'effort doit porter sur le chômage partiel, l'indemnisation des précaires et des jeunes arrivant sur le marché du travail et sur un soutien au pouvoir d'achat du "bas des classes moyennes" par des allègements fiscaux.

"Sur le social, le président a déjà pris de nombreuses mesures de protection. Il entend leur donner un prolongement pour donner plus de justice sociale" mais "il s'agit de renforcer une politique de protection sociale qui existe déjà, ce n'est pas un virage", selon un conseiller du président.

D'ores et déjà, une journée interprofessionnelle de grève a été programmée pour le 19 mars, les syndicats ayant souhaité "maintenir la pression" sur le gouvernement en l'absence de mesures immédiates sur l'emploi et les salaires, soulignée par tous les syndicats.

Les confédérations soulignent que "les salariés sont les premières victimes de la crise" et réclament que le plan de relance, axé sur des aides publiques à l'investissement, soit complété par des mesures de soutien à la consommation.

L'Elysée et le gouvernement devront aussi faire face cette semaine à d'autres manifestations de mécontentement social, comme l'extension de la crise de l'Outre-mer.

A ce sujet, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo a entamé samedi à Paris des consultations pour "approfondir les deux sujets de fond des conflits ouverts en Martinique et en Guadeloupe", dont le prix des carburants. Il a démenti à plusieurs reprises vendredi avoir promis quoi que ce soit pour les salaires.

Alors que la grève contre la vie chère s'est poursuivie vendredi aux Antilles et la tension a gagné la Réunion, Nicolas Sarkozy a décidé de créer un Conseil interministériel de l'Outre-Mer.

Le monde universitaire continuera aussi d'exprimer sa colère contre la réforme de l'enseignement supérieur, mardi, avec une journée massive d'informations marquée notamment par des distributions de tracts dans les gares, et jeudi, avec un appel à manifester dans toute la France.

Lundi, des syndicats hospitaliers majoritaires chez les médecins et les autres soignants, comme les infirmières et aides-soignantes, ont également prévu d'annoncer des "initiatives unitaires d'actions professionnelles pour début mars" pour "défendre l'hôpital public et ses valeurs".

Syndicats et patronat vont mener par ailleurs mardi leur troisième séance de négociations sur les retraites complémentaires. Les syndicats plaident pour une hausse des cotisations sociales face au déficit prévu du régime, le patronat préfère un recul de l'âge minimum de départ à la retraite ou une baisse relative des futures pensions.


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