Pauvreté des personnes âgées : La situation se dégrade
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| Arlette Maillot : « On prévoit une population de 30 350 personnes âgées d'ici 2010 et 32 870 d'ici 2015 » (photo BP-LD) |
| Les quartiers les plus touchés par l'appauvrissement des personnes âgées sont les Grésilles, Stalingrad et Fontaine-d'Ouche, mais aujourd'hui, même les quartiers dits « aisés » comme celui de Montchapet sont concernés (photo archives BP-LD) |
La précarité des personnes âgées reste discrète, mais elle existe néanmoins, et tend même à se renforcer. Un véritable problème, dans une société où plusieurs générations peuvent se trouver dans la difficulté.
Sur la ville de Dijon uniquement, on compte 28 500 personnes âgées. Leur nombre va encore s'accroître. « On prévoit une population de 30 350 personnes âgées d'ici 2010 et 32 870 d'ici 2015 », explique Arlette Maillot, conseillère municipale déléguée aux personnes âgées et présidente de la commission d'attribution d'aides au Centre communal d'action sociale (CCAS) de la ville de Dijon.
Les quartiers les plus âgés : Montchapet, Varennes, Université, Chevreul-Parc et le centre-ville.
La solitude et l'isolement ne sont pas les seules causes de la détresse des aînés. On s'aperçoit que la paupérisation s'installe chez les personnes âgées. Elles ne demandent rien, souvent par fierté, mais vivent, ou plutôt survivent, dans des conditions très précaires.
Leur niveau de ressources est faible : 65 % de ceux qui demandent des aides (minima sociaux, aide sociale ou aides personnalisées à l'autonomie APA) ont moins de 500 € par mois et 22 % ont des revenus compris entre 500 et 750 € par mois.
Quand on sait que le seuil de pauvreté est fixé à 774 € par mois, on se rend compte que 90 % des demandeurs vivent en dessous de ce seuil.
Des chiffres parlant d'eux-mêmes
Parmi les aides attribuées aux personnes âgées par la CCAS de la ville de Dijon, on compte en moyenne sur l'année 2006 : 45 % d'aides pour le logement et ce qui s'y rapporte (EDF, charges, etc.), 15 % pour la santé, 20 % pour la subsistance, et 20 % pour les frais divers (déménagement, frais d'obsèques, remplacement d'électroménager, etc.).
Les quartiers les plus touchés par l'appauvrissement des personnes âgées sont les Grésilles, Stalingrad et Fontaine-d'Ouche, mais aujourd'hui, même les quartiers dits « aisés » comme celui de Montchapet sont concernés.
Les sources de cette paupérisation
Les causes de l'appauvrissement des personnes âgées sont diverses. On note tout d'abord la baisse du pouvoir d'achat car les retraites, même si elles sont revalorisées, ne suivent pas réellement la hausse des prix. Les accès aux soins sont aussi très élevés pour des personnes qui n'ont pas ou plus les moyens de se payer une bonne mutuelle, sachant qu'avec la vieillesse la santé s'affaiblit.
Les prix des logements sont également en cause avec des loyers énormes, des rappels de charges très fréquents, et des taxes d'habitation ou foncières de plus en plus lourdes. Les personnes âgées sont également victimes de baisses de revenu brutales lorsqu'elles sont veuves, séparées ou divorcées ; quand elles ont connu de longues périodes de chômage lorsqu'elles étaient encore en activité.
Le surendettement
On remarque une nouvelle tendance qui accroît les difficultés financières des aînés : le surendettement. En effet, la tranche des 60-70 ans a acquis le réflexe des crédits. Souvent les personnes âgées se surendettent, non pas pour elles-mêmes, mais pour aider leurs proches : enfants en difficulté ou pour aider leurs petits-enfants à financer leurs études.
Constat navrant pour la société moderne que de voir laisser s'enfoncer dans la misère ceux qui ont déjà tout donné, pour la façonner, et élever le niveau de vie.
Amélie GAURE - "Le Bien Public"
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