Grogne chez les usagers handicapés

 Ces handicapés de l'APF ont rencontré des problèmes liés au TPMR (photo BP-LD)

Ces handicapés de l'APF ont rencontré des problèmes liés au TPMR (photo BP-LD)

Plusieurs handicapés de l'APF de Côte-d'Or se plaignent des problèmes de ponctualité et d'organisation du service de transport des personnes à mobilité réduite. Des plaintes auxquelles la société Divia, gérante du service, répond point par point.

Plusieurs handicapés de l'APF (Association des paralysés de France) de Côte-d'Or expriment un mécontentement concernant les problèmes qu'ils rencontrent avec le service TPMR (Transport des personnes à mobilité réduite). Les handicapés dénoncent un problème de standard téléphonique, avec un traitement des courses qui ne les satisfait pas. Ils trouvent qu'il y a des problèmes de coordination et de gestion. Ils demandent donc une extension du service avec une plus grande flexibilité des horaires. « Actuellement, le délai de commande est de deux heures avant la course », explique Serge, salarié handicapé. « Avant, nous passions par le standard des taxis, ce qui permettait une gestion plus rapide. » Les usagers se plaignent aussi d'un problème de ponctualité « avec de nombreuses courses dont les horaires ne sont pas respectés ». « Je travaille, commence Françoise, autre handicapée salariée. Il m'est arrivé de commander une course à 7 h 30 et que le taxi n'arrive qu'à 8 h 20. Cela me pénalise beaucoup. Je suis comme tout le monde, j'ai besoin d'arriver à l'heure à mon travail. »
Autre problème pour Angelo, handicapé en fauteuil roulant non pliable, qui prend le minibus pour se déplacer : « Il m'est arrivé de rester trois heures dans le minibus pour rentrer chez moi car le chauffeur avait décidé de passer prendre un certain nombre de personnes avant de me déposer. » « Nous ne sommes pas considérés comme des gens traditionnels », déclarent les handicapés de l'APF Côte-d'Or usagers des TPMR. Au nom de tous, Nathalie Duchaine, adjointe à la déléguée de l'APF de Côte-d'Or, exprime les souhaits des handicapés qui rencontrent ces problèmes : « Nous aimerions, une fois la course commandée, qu'elle soit respectée. Ceci afin que ces personnes puissent mener leur vie comme tout le monde. C'est-à-dire se rendre à leur travail, aller chez le médecin ou encore voir leurs amis. Les retards sont quotidiens. En conséquence, les handicapés perdent confiance. Il est certes possible que la demande soit plus forte que le nombre de véhicules disponibles, mais il faut dans ce cas faire les adaptations nécessaires. »
En dehors de ces problèmes, l'adjointe déléguée de l'APF Côte-d'Or se demande « pourquoi créer un système spécifique pour les handicapés alors que le Grand Dijon pourrait faire un système de bus adapté pour tous, y compris les personnes en fauteuil ».


Vincent LINDENEHER - "Le Bien Public"


La réponse de Divia
Laurent Sénécat, directeur marketing chez Divia, répond point par point aux plaintes et interrogations des handicapés de l'APF. Les retards. - « Le nombre de personnes qui utilisent le service TPMR est passé de 641 en 2005 à 735 en 2006, soit une hausse de 15 %. Il y a des moments où la disponibilité du service est réduite, notamment le vendredi soir. Pour ce qui concerne les minibus, le temps d'investissement et d'achat pour s'adapter à la demande est plus long que pour les taxis. Nous effectuons régulièrement des réunions de travail pour trouver des solutions aux difficultés que les usagers peuvent rencontrer. Nous prenons en compte leurs attentes et faisons tout pour qu'elles soient prises en compte de manière spécifique. Nous travaillons en collaboration avec les élus et les utilisateurs pour trouver plus de souplesse. » La réactivité du service. - « Le délai de deux heures de la commande avant la course s'explique par des questions de gestion et d'organisation du service. Notre objectif est bien sûr d'assurer la course à l'heure. Pour améliorer la ponctualité du service, nous allons mener en avril une enquête auprès des usagers pour déterminer leurs priorités et les points à améliorer. Lorsque les handicapés ne sont pas responsables d'un retard (rendez-vous médical ou professionnel décalé.) ou lorsqu'il y a un imprévu (hospitalisation.), nous nous adaptons. » Rester dans notre métier. - « Il faut respecter le contrat que nous avons avec les handicapés. Nous devons faire du transport. Parfois il arrive que les chauffeurs soient amenés à aider les handicapés, ce qui n'est pas dans le contrat. Les artisans taxis sont happés par cette envie de dire ''oui'' pour aider, et ça crée du retard pour les courses suivantes. » Le service accessible pour tous. - « Le cadre réglementaire oblige l'ensemble des services publics à devenir progressivement accessible pour tous. Dans ce cadre, l'adaptation du parc de bus va se faire peu à peu. Actuellement, plus d'une centaine d'arrêts sont équipés de bordures spéciales adaptées aux palettes rétractables. Dès septembre, une ligne devrait être adaptée pour les handicapés. Le choix se fait en concertation avec les associations. »


Le service TPMR 
Le transport des personnes à mobilité réduite s'adresse aux personnes ne pouvant pas monter dans un bus en raison d'un handicap non lié à l'âge. Il propose un service de transport de porte à porte pour les personnes atteintes d'un handicap moteur, se déplaçant en fauteuil roulant ou non. Selon les handicaps, les courses sont réalisées soit par le biais de voitures individuelles, soit par le biais d'un minibus (fauteuils roulants non pliables). La prise en charge se fait directement sur la voie ouverte à la circulation au plus près du domicile. Ce sont les taxis de l'agglomération ou un minibus aménagé permettant d'accueillir des personnes en fauteuil roulant non pliant qui assurent le déplacement.
"Le Bien Public"
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