Personnes âgées : Objectif 7 000 places d'accueil d'ici 2010

Le vieillissement de la population provoque un problème de places au niveau de l'hébergement des personnes âgées, notamment pour les plus dépendantes. Le schéma gérontologique départemental prévoit la création de 300 nouvelles places d'ici 2010. Un projet pour l'instant mis en suspens, faute de financement.

« Aujourd'hui, une personne âgée très dépendante, qui cherche une place dans un établissement d'hébergement, va avoir du mal à trouver ». Jean-Yves Buffot, chef du service des établissements au conseil général de Côte-d'Or, résume clairement la situation. Le département, comme le reste de la France, est en proie au vieillissement de sa population. Si la plupart des personnes âgées souhaitent vivre le plus longtemps possible à domicile, certaines familles n'ont d'autre choix que de placer leurs aînés dans un établissement d'accueil. « Le problème en Côte-d'Or, c'est qu'une personne valide trouvera plus facilement une place qu'une personne fortement dépendante. Car les établissements n'ont pas forcément les moyens de faire face à cette demande, par manque de personnels. Car s'il peut arriver qu'une aide-soignante soit indisponible, les soins des gens, eux, n'attendent pas. Alors qu'il est beaucoup moins difficile d'accueillir une personne relativement autonome », explique Jean-Yves Buffot.

Projet en attente

C'est pourquoi un schéma gérontologique départemental avait été élaboré - une démarche conjointe entre le département et les services de l'Etat - pour les années 2006-2010. « Nous voulons prioritairement créer et étendre la capacité d'accueil pour les personnes âgées dépendantes. Le schéma prévoit notamment 300 nouvelles places, dans le Dijonnais, qui se répartissent sur 4 extensions et 3 créations d'établissements. En 2006, la Côte-d'Or disposait de 6 738 places dans 91 établissements pour les personnes âgées, dont 2 246 dans des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Nous atteindrons donc les 7 000 places d'ici 2010 ». Seul souci, mais de taille : le manque de financement qui met le projet en attente : « Pour l'instant nous n'avons pas les financements de l'assurance-maladie. Les enveloppes sont limitées et la Côte-d'Or n'est pas forcément un département prioritaire », souligne Jean-Yves Buffot.

Difficile d'évaluer les besoins

Ce dernier estime également qu'il est difficile de quantifier la demande : « Les listes d'attentes ne sont pas un critère pour évaluer les besoins réels. Certaines personnes, par exemple, sont inscrites par prévention, juste au cas où leur état nécessiterait d'entrer dans ce type d'établissement ».
Il existe également d'autres solutions pour les personnes âgées, en ce qui concerne notamment le soutien à domicile : « Il y a les services d'aide à domicile et les services de soins infirmiers à domicile. Pour les personnes qui n'ont pas les moyens de financer ces services, il existe l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) mise en place par l'Etat, le département et les caisses de sécurité sociale. En 2006, 4 673 personnes ont profité de l'APA en Côte-d'Or », ajoute Jean-Yves Buffot. Son montant est calculé en fonction du degré d'autonomie de la personne concernée et de ses ressources. Parallèlement, il existe également le dispositif APH 21 afin d'aider les personnes âgées de plus de 60 ans, en perte d'autonomie, à financer les travaux d'adaptation de leur logement. Une vraie bouffée d'oxygène pour des personnes âgées qui, comme le souligne Jean-Yves Buffot « expriment un souhait profond de rester chez eux ».


Steeve CUPAIOLO-VERNEY - "Le Bien Public"


Publicité
Tag(s) : #La revue de presse