Depuis mercredi après-midi, 80 % à 90 % du personnel de production de l'usine Valeo de Dijon étaient en grève. Un accord entre la direction et les syndicats a permis hier soir la reprise du travail.
Sur le site dijonnais de Valeo, groupe équipementier automobile, ce sont 80 % à 90 % du personnel de production qui ont fait grève mercredi après-midi et hier. Les salariés dénoncent le manque d'informations sur le devenir du site dijonnais du groupe équipementier automobile. Ce mouvement, qui a pour origine l'annonce de la disparition d'une partie des activités dijonnaises pour 2008, s'inscrit dans un climat d'incertitude chez les salariés quant au devenir de leur usine.
Vendredi 20 avril, après la visite de M. Serre, PDG de la branche Valeo sécurité habitacle, les syndicats avaient déjà exprimé leur déception face à l'absence de réponse sur le sujet (nos éditions du 21 avril). Le 27 mars, au cours d'une réunion extraordinaire des salariés faisant suite à un débrayage de la veille, la direction avait pourtant présenté deux options : soit la fermeture en 2008, soit la transformation en centre logistique (nos éditions du 7 avril).
Mardi, une seconde réunion avec le responsable de la branche n'a pas plus éclairé le personnel. « Nous souhaitons la pérennité du site. S'il y a un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi), nous voulons des garanties et des indemnités chiffrées en rapport avec nos résultats. Nous avons demandé une réunion avec quelqu'un de la branche mais la direction nous a fait comprendre mercredi que personne ne viendrait. Le groupe s'est engagé à reconnaître la spécificité dijonnaise et à avancer sur la discussion avec les partenaires sociaux. Pour nous, cela ne veut rien dire. Ce n'est que du vide », considère Ramiro Grilo, délégué syndical et secrétaire du comité d'établissement. Le Grand Dijon et la Région, qui ont sollicité une rencontre avec M. Serre lors de sa venue à Dijon, se sont également vus refuser l'entretien (voir notre encadré).
« Nous ne faisons plus confiance »
Selon les syndicats, un projet aurait été présenté au sein groupe le 19 février dernier, projet dont ils souhaitent désormais connaître le contenu. « On ne veut pas nous le communiquer. Nous n'avons pas plus de réponse sur les personnes qui travaillent sur ce projet. Nous sommes donc en droit de douter. Aujourd'hui, nous ne faisons plus confiance », a indiqué Ramiro Grilo. Jointe par téléphone, la direction a annoncé hier soir qu' « un accord a été trouvé pour rassurer le personnel » et a permis la reprise du travail. En ce qui concerne l'avenir du site, aucune nouvelle information n'a cependant été communiquée.
N.M. - "Le Bien Public"
Guy Gillot, vice-président du Grand Dijon responsable du développement économique, suit le dossier Valeo depuis 6 mois. Mandaté par François Rebsamen, président du Grand Dijon, il s'exprime sur le sujet : « Il suffit de lire la presse nationale pour savoir que Valeo est l'objet de fortes pressions financières du point de vue international. Nous exprimons donc nos inquiétudes sur le devenir de l'usine dijonnaise. Si l'on prend en compte les 120 salariés du site et les différents sous-traitants, ce sont 600 à 700 personnes qui vivent actuellement de cette activité. Pour nous, l'emploi est d'ordre public. Il y a une volonté politique claire de François Rebsamen, en liaison avec la Région, de s'occuper des problèmes d'emploi. Nous sommes en rapport avec les dirigeants ainsi qu'avec l'intersyndicale de l'entreprise. Nous avions été avertis de la visite le 20 avril dernier de M. Serre, responsable de la branche Valeo sécurité habitacle. Avec l'aide de la direction et des syndicats, nous avions obtenu un rendez-vous avec lui, dans un emploi du temps politique pourtant chargé et à seulement 48 heures du 1er tour de l'élection présidentielle. Alors que François Rebsamen et François Patriat s'étaient rendus disponibles pour le rencontrer, M. Serre a déclaré qu'il n'avait pas le temps. Nous déplorons, avec les syndicats, cette absence de contact. Car je le répète, l'emploi est d'ordre public. Les élus politiques locaux comme les syndicats ont besoin d'informations. Les élus ne sont pas là pour arbitrer les conflits sociaux, mais pour favoriser l'emploi. »
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