Social : Des réformes en douceur


Le président élu Nicolas Sarkozy a tenté hier de rassurer les partenaires sociaux sur sa volonté de réformer sans passer en force ni mettre les syndicats en difficulté, tout en réaffirmant sa détermination à s'attaquer aux « facteurs bloquants » de la société.
M. Sarkozy a entamé dans ses bureaux provisoires à Paris une série de rencontres, qui se poursuivront aujourd'hui, avec les dirigeants des cinq syndicats représentatifs (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC), de l'UNSA et des trois organisations patronales (Medef, UPA, CGPME). La FSU, premier syndicat de la fonction publique d'Etat, s'est étonnée de ne pas avoir été invitée.
Premier reçu, le numéro un de la CFDT François Chérèque a noté qu'il s'agissait d'une « première » pour un président élu, et que d'autres rencontres auraient lieu « dans les dix jours suivant sa prise de fonction », demain.
« Aucun sujet n'a été abordé sur le fond, nous étions uniquement sur la méthode de travail » et M. Sarkozy « nous a affirmé qu'il ne voulait pas mettre les organisations syndicales en difficulté », a dit M. Chérèque. Interrogé sur l'imminence de lois sociales, il a répondu que le président élu n'avait « parlé que des heures supplémentaires pour cet été ».
M. Sarkozy a « affirmé sa volonté de dialoguer avec les syndicats avant que les décisions ne soient prises. Dont acte », a expliqué Bernard Thibault (CGT). « Nous verrons s'il est à l'écoute », a-t-il ajouté, s'inquiétant que le patronat soit « plus entendu » que les syndicats. A la CGT, on espère que « le prochain rendez-vous permettra d'y voir plus clair car les choses ne sont pas encore très précises ».
Les entretiens à l'Elysée devront fixer le calendrier des quatre conférences sociales de la rentrée (démocratie sociale, égalité salariale hommes-femmes, « flexsécurité » et conditions de travail).
«Nous n'avons pas le couteau sous la gorge»
M. Sarkozy s'est montré « ferme sur les objectifs », mais « nous n'avons pas le couteau sous la gorge », a résumé Bernard Van Craeynest (CFE-CGC). Le président élu veut s'attaquer aux « facteurs bloquants de notre société », mais il est aussi « très sensible à l'avis des partenaires sociaux », a confirmé Laurence Parisot (Medef).
Echaudés par des propositions du candidat Sarkozy jugées antisyndicales, les syndicats avaient prévenu le nouveau président dès son élection qu'ils le jugeraient « sur les actes », le pressant de respecter le dialogue social.
Dans Libération hier, Jean-Claude Mailly (FO) a rappellé que les syndicats « discutent » déjà avec le patronat, mais exclut de négocier « si l'on nous dit voilà le résultat auquel vous devez arriver' ».
Les partenaires sociaux ont engagé en octobre une « délibération » sur l'assurance-chômage, les contrats de travail et la sécurisation des parcours professionnels. Mais le contrat de travail unique et la fusion ANPE-Unedic prônés par M. Sarkozy ne sont voulus ni par les syndicats, ni vraiment par le patronat.
Sur le service minimum dans les transports, plusieurs syndicats défendent des négociations par entreprise, sur le modèle RATP, mais ne veulent pas de loi. M. Sarkozy a fait sentir à M. Chérèque qu'il ne voulait « pas passer en force » sur ce dossier.
Reste à « articuler » le travail des partenaires sociaux « avec les projets du prochain gouvernement », a résumé Mme Parisot.

"Le Bien Public"

 

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