Rencontres entre Nicolas Sarkozy et les syndicats
Au deuxième jour des rencontres entre le président élu et les partenaires sociaux, la CFTC s'est félicitée d'un échange "franc et direct". L'Unsa a estimé que l'organisation avait été reconnue "de facto" dans le paysage syndical
Entamées hier, les discussions entre Nicolas Sarkozy et les partenaires sociaux se sont poursuivies aujourd'hui. Après l'UPA, la CFDT, la CFE-CGC, le Medef, la CGT et la CGPME, hier, le président élu a reçu FO, la CFTC et l'Unsa. Tour d'horizon
Unsa : reconnaissance "de facto" du syndicat
Le secrétaire général de l'Unsa Alain Olive a estimé que son organisation avait obtenu une reconnaissance "de facto" dans le paysage syndical , après avoir été reçue par le président élu Nicolas Sarkozy. Créée en 1993, l'Unsa milite depuis des années pour une réforme des critères de la représentativité syndicale, qui l'excluent du groupe des cinq. M. Olive a relevé "avec satisfaction" que la question de "la représentativité syndicale était à l'ordre du jour d'une des quatre conférences de septembre" convoquées par M. Sarkozy avec les syndicats. Il n'y a "pas de hiatus entre les annonces de Nicolas Sarkozy et ce qu'il a dit aujourd'hui", a-t-il poursuivi, précisant avoir discuté "de méthode, d'agenda, de négociation". M. Olive a par ailleurs souligné que les syndicats devraient être reçus "régulièrement" par le président, ajoutant : "quelque chose est en train de s'installer et les sujets à aborder sont difficiles, donc raison de plus de les aborder par la négociation".
FO : le ministère du Travail ne disparaîtra pas
Le secrétaire général de Force Ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, a indiqué avoir obtenu l'assurance de Nicolas Sarkozy que le ministère du Travail "ne disparaîtrait pas" dans le gouvernement en cours de constitution. "La rue de Grenelle existera, même s'il y aura des liens" avec Bercy, a-t-il ajouté. Le secrétaire général de FO s'était inquiété la veille des informations faisant état d'un éventuel redécoupage des ministères dans le futur gouvernement et notamment de l'avenir du ministère du Travail. Pour le reste, l'entretien a porté essentiellement sur des questions de "méthode", mais "pas sur des questions de fonds", a ajouté le responsable syndical. "On le jugera aux actes", a déclaré Jean-Claude Mailly en évoquant le président élu. "J'espère que l'ouverture ira jusqu'au social", a-t-il ajouté.
Le projet de loi sur les heures supplémentaires sera présenté "en juillet, pour la partie exonération de charges". "Il est prévu une consultation (des partenaires sociaux) là dessus avant juillet", a poursuivi Jean-Claude Mailly.
Concernant le service minimum, le responsable syndical a plaidé auprès de Nicolas Sarkozy pour une négociation sur des systèmes "de type alarme sociale, entreprise par entreprise". "Il m'a répondu: 'si vous arrivez à vous mettre d'accord entreprise par entreprise je n'y vois pas d'inconvénient'", mais a menacé de recourir à la loi si "ça traîne trop", a dit Jean-Claude Mailly.
Le président élu a par ailleurs indiqué qu'il était "conscient" d'un "malaise des fonctionnaires" évoqué par Jean-Claude Mailly. Le secrétaire-général de FO a évoqué les dates du 25 ou du 29 mai pour une prochaine rencontre avec le nouveau président après son installation à l'Elysée.
CFTC : "Un échange franc et direct"
Le président de la CFTC Jacques Voisin a fait état d'"un échange franc et direct" avec Nicolas Sarkozy, qui compte selon lui travailler sur un certain nombre de dossiers "en complet échange avec les partenaires sociaux". "Ce fut un échange franc et direct. Le président élu a insisté sur le fait qu'il avait en effet à 'gérer' avec les partenaires sociaux (...) Il s'est déclaré prêt à ouvrir un certain nombre de sujets avec des négociations en complet échange avec eux", a déclaré Jacques Voisin. "Sur le contrat de travail unique, il a dit qu'il laisserait le temps à la négociation", a précisé Jacques Voisin.
"En ce qui concerne le service minimun, nous lui avons fait remarquer qu'il existait de nombreux accords institutant notamment l'alarme sociale dans certaines entreprises (...) Il nous a répondu qu'il allait décider des échéances très vite et qu'on rentrerait rapidement dans le vif du sujet", a poursuivi Jacques Voisin.
"M. Sarkozy a confirmé qu'il passerait par la loi pour défiscaliser les heures supplémentaires, mais pour la CFTC cette question repose la question du temps de travail et d'une véritable négociation sur les salaires", a-t-il ajouté. M. Voisin a aussi soulevé la question "du libre choix des heures supplémentaires et des droits sociaux acquis sur ces heures".
Pour la CFTC, la décision de M. Sarkozy d'organiser quatre conférences sociales dès septembre, pose "un vrai problème de méthode". "Il faut prendre le temps de négocier afin que les conférences servent à acter ce que la négociation a pu mettre en place", a estimé M. Voisin. "Aller vite c'est bien, mais apporter des vraies réponses en associant les partenaires sociaux, c'est ce qu'attendent les Français", a-t-il conclu.
"Le Monde"
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