Le sens d’une rencontre
 

(Éditorial à paraître dans UNSA Magazine n°98)

Le mardi 15 mai, l’UNSA a été reçue par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, dans le cadre des consultations que celui-ci a engagées avec les partenaires sociaux.

Une telle rencontre constituait une « première », évidemment lourde de sens.

Le Président de la République, nouvellement élu, savait pertinemment qu’en associant le nom de l’UNSA à la liste des cinq organisations syndicales dites représentatives, il brisait un tabou.

Il est trop tôt pour dire, comme l’écrivent certains journalistes, que par ce geste « le chef de l’Etat permet à l’UNSA de faire son entrée dans la cour des grands ». Ce mot « grand » prêtant d’ailleurs à sourire, car en matière de réflexions, de propositions et d’actions, l’UNSA n’a rien à envier à personne ; quant au nombre d’adhérents, nous sommes déjà et depuis longtemps dans la cour des grands.

Ce que je pense par contre, c’est que Nicolas Sarkozy, réputé pour bien apprécier les rapports de force, sait ce que « pèse » l’UNSA dans de nombreux secteurs aussi bien du public que du privé. Il a bien compris, lui, que l’UNSA constituait un interlocuteur de premier plan.

Cela s’appelle le réalisme.

De plus, inviter l’UNSA dans de telles consultations ne manque ni de panache ni de courage, quand on connaît les rigidités du paysage syndical français et les discriminations qu’il engendre à notre égard.

Mais le plus important est ailleurs. Cette rencontre est réconfortante pour l’avenir. Elle va nous donner la satisfaction de pouvoir débattre avec le chef de l’Etat et son Premier ministre des dossiers qui concernent les salariés de ce pays et donc de défendre la ligne syndicale qui est la nôtre.

Car là est notre vocation d’organisation syndicale réformiste : faire aboutir ce que nous croyons juste sur le plan économique et social, se battre pour imposer nos idées, négocier là où les choses se passent.

C’est ce que nous avons esquissé pendant la campagne électorale en élaborant nos propositions et en les soumettant aux candidats. C’est ce que nous allons continuer à faire, lors de ce nouveau quinquennat, dans le respect de nos valeurs et la cohérence de nos mandats.

Mais désormais notre action va devoir se déployer dans un contexte nouveau, marqué à la fois par le fort taux de participation et le score élevé obtenu par Nicolas Sarkozy, ce qui donne à son programme une légitimité démocratique incontestée.

Raison de plus pour nous, organisation syndicale, de jouer pleinement le rôle qui est le nôtre. Car dans notre vision de la société, démocratie politique et démocratie sociale ne s’opposent pas mais se complètent.

Or aucune réforme, dans un pays démocratique, ne peut être ressentie comme légitime si elle est imposée sans concertation, sans débat.

Nous avons redit au Président de la République que la discussion, la négociation n’étaient jamais du temps perdu et que l’histoire nous apprenait que la norme négociée était toujours préférable à la norme imposée. Cela aussi donnait du sens à cette rencontre.

 

Alain OLIVE,
Secrétaire général de l’UNSA
Le 17 mai 2007

 

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