XIe congrès de la CES (Séville, 21-24 mai)
« Favoriser le dialogue social, c'est porter au plus haut les valeurs de l'Europe »
Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa est intervenu le mercredi 23 mai, au nom de l'UNSA et de la CFDT, sur le thème du dialogue social.
Quatre-vingt-un syndicats de trente-six pays ont débattu lors du onzième Congres de la Confédération européenne des syndicats (CES) qui a lieu à Séville (Espagne) du 21 au 24 mai afin d'élaborer une stratégie pour « faire de l'Europe sociale une réalité ».
À l'heure de la mondialisation et de la globalisation, le dialogue social européen a-t-il encore un sens ? Oui, sont venus dire hier a la tribune le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso et le président de BusinessEurope [l'organisation européenne patronale] Ernest Antoine Sélliere. « Nous n'allons pas nous plaindre de telles déclarations, alors que pour nous, syndicalistes européens, le dialogue social est un des symboles les plus puissants du modèle social européen. Reste cependant a confronter ces déclarations à la réalité, a déclaré Alain Olive. « Et là, il est évident que pour la Commission comme pour le patronat européen, le dialogue social n'est pas aujourd'hui, une priorité. [...] La faiblesse de leur engagement pour l'Europe dont nous avons besoin leur fait délaisser la voie du compromis et de la négociation » a-t-il ajouté avant de rappeler, à ce propos, que la Commission n'avait pas consulté, comme il aurait convenu, les partenaires sociaux sur le Livre vert de la modernisation du droit du travail. « C'est cela que par notre action, nous devons infléchir. Il faut refaire du dialogue social, le moteur du modèle social européen » a-t-il insisté.
« Grâce à son action, la CES a réussi a arracher des avancées. Par exemple, l'accord sur le stress lié au travail, et celui plus récent sur le harcèlement et la violence au travail. [...] À la mise en place du marché du travail européen doit répondre une législation européenne portant sur les conditions de travail, la conciliation vie professionnelle/vie familiale, la protection sociale, la santé, la sécurité, le salaire minimum, le revenu minimum... Cette législation adossée aux droits sociaux fondamentaux est indispensable pour éviter le dumping social et cela est possible », a poursuivi le secrétaire général de l'Unsa. « Au même titre que l'Union européenne s'est dotée d'un Pacte de stabilité, il faut adopter un Pacte social avec des normes et des critères de convergence, voire d'harmonisation afin de tirer les droits sociaux vers le haut. Et pour nous l'intégration de la Charte des droits fondamentaux dans le prochain traité est impérative » a déclaré fermement Alain Olive au nom de l'Unsa et de la CFDT, affirmant ainsi la position des deux organisations avant le débat qui doit avoir lieu sur le sujet du traité constitutionnel lors de la dernière journée du Congrès. « Le principe de subsidiarité qui régit actuellement les politiques sociales a montré ses limites. Un espace aussi intégré que le Marché unique et ses quatre libertés exige plus de convergence et d'harmonisation sur le plan social. Ceci demande que nous reconnaissions le niveau européen comme un niveau pertinent de négociation capable d'apporter de vraies réponses aux problèmes des travailleurs et que soit renforcé le rôle de la CES » a-t-il poursuivi. « Au moment ou les nouvelles réalités économiques et démographiques sont souvent perçues comme porteuses d'incertitudes et d'insécurité par les travailleurs, le renforcement de la dimension sociale est indispensable à la viabilité du projet européen. Dans cet esprit, il est crucial de donner a la CES et au dialogue social toute la dimension qui leur revient. [...] « Favoriser le dialogue social, c'est porter au plus haut les valeurs de l'Europe que nous voulons » a conclu Alain Olive.
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